Pubotomisés

Hier soir, alors que je lisais un comics qui se passe dans un futur décadent, je me suis rendue compte que le sujet était intéressant. Que soit des séries comme Black Mirror ou encore un dessin animé comme Wall-E, on aime bien imaginer que le futur sera fait d’encore plus de consommation, encore plus de décadence et du coup, encore plus de publicités.

Black.Mirror.2

Dans Wall-E, on voit bien que les gens sont bombardés de pub peu subtiles qui leurs vendent des choses toute la journée et les gavent de suggestions directes hyper ridicules à nos yeux de gens de 2016. Et c’est pareil dans tous ces scénarios catastrophes d’un futur proche ou moins proche. Dans Black Mirror par exemple, les chambres des gens sont des gigantesques écrans et ils doivent payer pour éviter de subir la pub toutes les 30 secondes pendant leurs programmes télé déjà débilisants. Et nous, avec nos yeux de maintenant, on se dit dans notre for intérieur “Haha, c’est tellement évident ces pubs, c’est ridicule, il faudrait vraiment être cons pour tomber dans le panneau, c’est bien quelque-chose qui appartient à un futur loin de moi !”.

Ah bon ? Non, parce que la dernière fois que j’ai regardé des publicités à la télé, c’était déjà comme ça. Aujourd’hui, si tu ne veux pas de pubs, il faut payer un service du style Netflix pour pouvoir mater ton programme débilisant sans coupure pub toutes les 20 minutes. Et à chacune de ces coupures pubs, le son augmente afin de te suivre partout dans ta maison, tout ça sans parler des placements produits infinis et imperceptibles dans ces mêmes programmes. En fait, on y est déjà dans ce futur. Dans Wall-E, on leur vend des produits ridicules, exemple: ils sont tous habillés en rouge et soudain on leur dit que le bleu est le nouveau rouge. Alors les premiers moutons changent de couleur de tenue. Alors, oui c’est absolument ridicule. Mais comment fait-on pour croire que ce n’est qu’une affaire de futur lointain ?
Aujourd’hui, on nous vend des produits d’hygiène différents selon notre genre. Un homme n’aurait pas besoin du même savon qu’une femme, du même shampooing et PIRE, du même dentifrice. Oui, oui, il existe le dentifrice pour homme. Ne rigole pas toi là dans le fond, parce le pire, c’est que ça se vend. On nous dit qu’une femme a besoin de maquillage pour paraître naturelle (cf. le no make-up look). Il existe un produit ménager pour chaque usage, que ce soit le produit à vitres, le produit à chiottes ou même le produit pour le sol. Il existe déjà une sorte de couteau pour chaque usage.

Ce qui est amusant avec ces visions futuristes, c’est qu’elles sont tellement grotesques qu’elles nous paraissent loin de nous et nous font nous dire que nous, on aurait assez de discernement pour pas tomber dans le panneau. Le problème, c’est qu’on a tendance à penser que cette publicité grosse comme une baraque à frites arriverait du jour au lendemain sans prévenir. La vérité, c’est qu’elle arrive progressivement. Tellement progressivement qu’en fait, sans s’en rendre compte, elle est déjà là. A quel moment rajouter un grain de sable sur un grain de sable devient-il un tas de sable ? Heureusement qu’il y a la science fiction pour nous conforter dans l’idée qu’on a du discernement. Ça rend le message des publicités actuelles tellement plus comestible, n’est-ce pas ? Et c’est comme ça qu’en 2016, après avoir dit aux hommes qu’il leur fallait à tout prix un shampooing, un savon pour le corps et un savon pour le visage, on arrive à leur vendre un produit tout-en-un comme étant révolutionnaire.

Ah ! Comme ce serait révolutionnaire de se rendre compte de la vacuité de tout ça. De comprendre, qu’ un objet a plusieurs utilités et que l’on a pas besoin de quinze machines différentes dans sa cuisine pour être normaux. Parce que les Tassimo, les Nespresso, les Magimix, les Special T, les Sodastream et les blenders n’ont qu’une utilité en réalité, nous éloigner le plus possible des choses réelles, de nous encombrer le cerveau pour effacer toutes formes de discernement. Parce que c’est seulement à ce moment-là, qu’on sera devenus de gentils petits moutons dociles à qui on pourra cacher la réalité du monde dans lequel ils vivent.

Bienvenue dans le futur !

Heureusement, et comme toujours, il y a une solution à ce problème: le minimalisme. Le phénomène prend de l’ampleur ces dernières années et ce n’est pas pour rien: se libérer des possessions matérielles libère l’esprit et laisse la place aux vraies choses de la vie comme aimer, rire, chanter, danser, courir, nager, penser, donner, recevoir et tous les autres mots qui peuvent parler à chacun de nous. Comme le dit si bien Pierre Rabbhi, militant du minimalisme avant même qu’il se nomme ainsi: “Un jour, il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation, qui n’est pas de produire et de consommer sans fin, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes.”

 

 

 

 

One thought on “Pubotomisés

  1. Voilà une pensée que j’approuve à 100 %. C’est comme le fait de changer un appareil qui fonctionne encore, mais la sacro sainte pub nous vante les mérites du dernier né qui fait tout mieux et plus rapidement que son aîné, qu’il est temps de jeter. De quoi avons nous besoin réellement pour vivre ? De pas grand chose en fait, si ce n’est que sans possessions, on s’isole du reste du monde, car les conversations tournent autour du dernier smartphone, TV grand écran, voiture,…. Vivement que le minimalisme gagne du terrain, que l’on n’ai plus honte d’être simplement soi. Le pire dans tout ça c’est que beaucoup mettent des sommes folles dans des gadgets et se nourrissent de résidus de l’industrie alimentaire.

    Liked by 1 person

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s