Darjeeling & Singalila I

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Ah ! Comme il est bon, comme il est bon, de se retrouver face à l’écran d’un ordinateur pour apposer des mots sur tout ce qui est vécu ici. Permettez-moi de me replonger au début pour bien vous raconter. Un, deux, trois, plouf.

C’est il y a un peu plus de deux semaines que l’on débarque, Alasdair et moi, dans la ville de Darjeeling. Un vendredi après-midi, à courir dans les rues escarpées de cette ville colorée et pleine de bling-bling destiné aux touristes locaux, pour trouver un endroit où dormir qui ne soit pas un hôtel luxueux au prix ahurissant, le tout avant que la nuit ne nous tombe sur la gueule. La tombée de la nuit est la peur des voyageurs, c’est primitif mais ça exprime bien ce que voyager ainsi signifie: répondre aux besoins primaires qui sont avoir un abri pour la nuit, de quoi se sustenter et s’hydrater et, de temps en temps, un brin d’eau et de savon pour se sentir propre. Pas compliquée la vie.
Toujours est-il qu’on finit par trouver, au détour d’une ruelle improbable – toutes les ruelles sont improbables à Darjeeling, c’est la version moderne du labyrinthe de Dédale – une petite maison toute en étages et boiseries, avec une pancarte. Ko Ko Mhendo’s Guesthouse. Oh putain ! Une guesthouse, et pas un hôtel. On fonce. Je sue, il fait froid, la nuit est presque tombée, on a déjà demandé les prix dans une petite dizaine d’endroits et la civilisation semble disparaitre au fur et à mesure que l’on monte les étages de cette ville bâtie à flans de montagne.
La grand-mère nous accueille, sourire méfiant et bienveillant à la fois (faudra qu’elle m’explique sa technique parce que combiner ces deux intentions dans un sourire, j’avais jamais vu !), pendant que le petit fils d’environ 9 ans nous amène dans une chambre surréaliste. 3 mètres de hauteur sous plafond, des grandes fenêtres, du lambris de partout, au moins 20m² au sol et un grand lit entouré de petites statuettes de Bouddha. On se fout du prix, même si le petit nous annonce quelque chose qui est enfin dans notre budget, et on pose nos sacs. On est à la maison.

Une dizaine de jour se passent, avec son lot d’événements: une turista efficace pour moi, un article de blog particulièrement difficile à pondre pour Alasdair (ça valait le coup, l’article m’a fait pleurer comme un chaton abandonné, well done) et puis simplement le processus d’apprivoisement de cette ville qui s’avère étrange à sa manière. Très touristique, mais touristes locaux, la mentalité est loin de celle que j’ai expérimenté jusqu’à présent en Inde: plus de bling-bling, plus de fric, plus de consommations. Les touristes locaux ont du blé et sont là pour se faire voir, ça snape des selfies à chaque pause-caca et ça paye des petites mamies des sous-castes pour porter les valises en haut des rues pentues de Darjeeling. C’est un autre monde, et même si ça choque mes yeux d’occidentale, je suis aussi très reconnaissante de pouvoir me confronter à cette différence de mentalité. Ca me change, ça me modèle tous les jours parce que c’est un gros rappel: ma vision des choses n’est qu’une vision des choses, par conséquent, je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien. Ne me demandez pas quel philosophe a pondu cette idée et quand, mes cours de philo du lycée n‘emmerdaient au plus au point, mais ce gars avait tout compris.
Darjeeling, c’est tout de même sympa une fois que t’as compris où passer ton temps. Déjà, y’a notre petit nid d’amour chez Mah-ji et Papa, nos hôtes que l’on appelle aussi Grandma and Grandpa. Les réveils sont matinaux et les matinées lentes; un jour sur deux on fait notre petite routine sportive à base de jumping jacks, pompes et abdominaux. On se concentre beaucoup sur les jambes aussi, pour se préparer au trek que l’on attaque dans quelques jours. Le reste des journées est divisé entre Sonam’s Kitchen, petit établissement familial qui nous a pris sous son aile et qui sert des petits déj occidentaux – après la turista, j’avais plus vraiment envie de bouffe indienne et c’était parfait de se faire servir des gros toasts de gros pain de campagne (!) avec une galette de pommes de terre arrosée de ketchup, après deux mois en Inde, une petite cure de bouffe occidentale, ça fait du bien – et l’Himalayan Java Café, un espèce de Starbucks népali aux meubles minimalistes et aux boissons ultra-chères, mais qui a le mérite de posséder l’internet le plus performant qu’il m’est été donné de tâter en Inde. Amen pour ça.
Le soir, on remonte tranquillement la pente qui nous ramène chez Grandpa and Grandma, on dépose nos affaires sur le lit et on va se poser chez notre copine de Mystick Mountain, qui nous prépare des portions de légumes au prix dérisoire, le tout assortis de riz délicatement parfumés d’épices. Un petit dal (mais si tu connais, la soupe de lentilles corail !), et on est prêts à aller s’effondrer sur notre lit avec un épisode Modern Family. Un petit bouquin et généralement, nos yeux se ferment tous seuls autour de 20h30. La vie, la vraie, c’est pas chez Auchan, moi j’te le dis.

Après quelques jours de ce petit programme, on est comme des coqs en pattes. On a toutes les infos qu’il nous faut sur le Singalila Ridge Trek, alors le lundi 10 avril au matin, on descend une partie de nos affaires dans le salon de Grandpa et Grandma pour qu’ils nous les gardent pendant qu’on crapahute dans les montagnes. Un petit crochet par Sonam’s pour la désormais traditionnelle galette de pommes de terre précédée par un bénédicité de païens qu’on a mis au point quelques jours auparavant et dont on est très fiers. Rigole pas, toi dans le fond, c’est un super exercice pour être reconnaissant d’avoir tous les jours de la nourriture à manger, c’est pas donné à tout le monde et honnêtement, j’apprécie beaucoup plus la vie depuis que je fais ces exercices de reconnaissance spirituelle trois fois par jour. Parce que, y’en a des trucs pour lesquels être reconnaissants. Bref, je m’égare, comme d’habitude, mais si tu es là, c’est que tu me connais (ou pas), et tu sais (ou pas) comment je raconte les histoires, ça part un peu dans tous les sens mais au final, ça marche bien.

Je m’apprête à finir ma galette de pommes de terre quand deux nanas débarquent dans le resto, foncent sur nous, et nous disent « Vous allez à Mane Bhanjang, right ? ». Dans l’autre salle du troquet, en face de la rue, Victor, un français rencontré la veille, me fait un grand sourire avec un petit signe de la main et à la blonde de renchérir « Victor nous a dit que vous partiez ce matin, ça sera peut-être plus simple de choper une jeep si on est plus nombreux. » Elle a raison, son énergie nous prend au corps et nous empêche de dire autre chose qu’un « Ouais, parfait » un peu hébété. C’est presque obligatoire d’être hébétés devant un enchainement si parfait des événements. Les filles doivent finir quelques trucs avant de partir, ça tombe bien, on a une partie de cartes à finir avec le rouquin (j’aime bien appeler Alasdair comme ça dans mon petit monde, parce que j’aime bien qu’il soit rouquin hinhin) (et j’aime bien aussi faire des rimes stupides, poil au bide).

Une partie de cartes et un bisou à Victor plus tard, les quatre mousquetaires que nous sommes se mettent en route vers le bas de Darjeeling d’où partent les jeeps partagées direction Mane Bhanjang, la ville de départ du fameux trek. Une heure de route de montagne serrés comme des sardines plus tard, le chauffeur nous lâche devant une guitoune où l’on doit présenter nos passeports et nos visas. Ca sera le premier contrôle d’une longue série, cette zone étant très précisément la frontière entre le Népal et l’Inde, les militaires sont partout et ont surtout l’air de se faire bien chier à griffonner des noms et des nationalités de petits blancs sur des grands cahiers. A quoi ça sert ? Je ne suis pas sûre, mais on remplit le contrat.
On a aussi entendu dire qu’il nous faut un guide, que malgré la clarté du sentier, c’est la règle, on risque une amende sinon. Bon, bah, allons alors. Sarah et Jo, que l’on appellera the girls par la suite, nous propose de partager un guide et donc de s’embarquer dans cinq jours de trek ensemble. Voyageuses indépendantes à la base, elles nous disent qu’elles aiment leurs solitudes aussi, qu’on a pas a s’en faire, on sera pas les uns sur les autres. Puis elles avancent le point le plus important: on partage le prix du guide. On se pose sur une marche devant une maison pour discuter de tout ça avec Alasdair, il est 12h30, on a rendez-vous à 13h15 devant l’office des guides et porteurs de la région. Il est clair que c’est une bonne idée, et quitte à devoir prendre un guide, ce qui ne nous enchante guère, autant qu’on soit nombreux. La décision est prise, on rejoint les filles dans une guitoune qui sert du thé et des momos (petits raviolis vapeurs plein de légumes à la chinoise), j’en avale deux plâtrées et à 13h15 on rencontre notre guide : Bouddha. J’aime bien ce genre de cadeau de l’Univers: faire mon premier vrai long trek dans la partie basse de l’Himalaya avec l’homme que je considère déjà comme mon partenaire de vie (en anglais on dit life partner, ça claque mieux, non ?), deux meufs qui paraissent cool et avec un guide qui s’appelle Bouddha, quoi de mieux ?

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Nous coté Népal// Us on the nepalese side// Crédit photo: Jo

Le temps de refaire nos lacets et hop, on fait les quelques mètres qui nous séparent de la frontière avec le Népal. Je traverse la route et fait la blague classique de « oh mon Dieu, on n’est plus dans le même pays ». Cette blague me fera toujours rire et Alasdair finit par pouffer comme un môme après avoir essayé de garder son sérieux. J’ai trouvé le jackpot avec ce mec, je crois. Une fois la blague finie, on passe au guichet du Parc National de Singalila pour payer nos 200 rs nous offrant le droit de nous balader pendant des jours au cœur d’un vivier de rhododendrons et magnolias, d’arbres centenaires abritant des oiseaux colorés et des pandas roux sauvages. Pour info, 200 rs, c’est 1,50 €, pas dégueu.

Commence un gigantesque lacet de route bétonnée, on n’ est pas super heureux de marcher sur ce genre de sol quand la nature est si belle autour, mais bon, faut bien rejoindre le haut de la montagne et puis, si y’avaient pas de routes, comment les gros indiens riches de Calcutta feraient-ils pour monter tout en haut sans effort pour prendre des photos et redescendre 30 minutes après ? Bon, ok, je suis un peu acide sur ce coup. La route permet aussi à tous les villages d’altitude de s’approvisionner en riz et autres denrées alimentaires. M’enfin, en ce premier jour, y’a une légère frustration entre l’obligation d’avoir un guide, la route qui vomit les jeeps avec une grande régularité nous obligeant à nous immobiliser sur le bas coté et puis, le corps qui gueule un peu: 800 mètres à monter en une après-midi, j’ai beau avoir fait ma petite routine sportive tous les deux jours depuis quelques semaines, les jambes et le cœur en prennent un coup. Ca monte, et c’est dur.

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Souffrir en silence et admirer la beauté // Suffering in silence and admiring the beauty.

Quatre heures après notre départ, une bonne demi-douzaine de paysages différents nous en ont déjà mis plein la gueule. Mon estomac, qui allait mieux depuis un ou deux jours, fait de nouveau des siennes. Le froid se fait sentir au fur et à mesure qu’on monte, je sens d’ores et déjà que cette expérience va être plus compliquée que ce que je pensais. Je ne pensais pas grand-chose, j’ai juste décidé d’y aller et vaille que vaille.

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Alasdair bossant sur les rhododendrons // Alasdair hussling hard on the rhododendrons // Crédit photo: Jo

En arrivant au premier village nommé Tumling, Alasdair est agacé, je suis fatiguée, j’ai mal au ventre et je me surprends à m’en vouloir de ne pas être plus performante. Ce sont les prémices d’un grand apprentissage, mais pour l’instant, une partie de moi se sent coupable de ne pas être meilleure, et je crois je prends personnellement l’agacement qu’Alasdair ressent par rapport à plein d’autres choses. Tout cela est encore à l’état de bourgeon dans mon esprit, ce n’est que le début, et je ne mets même pas ces mots sur tout ça.

Singalila Trek
Levé de lune avant Tumling // Moonrise before Tumling

Le soleil va se coucher et les couleurs à Tumling, 3000m d’altitude, sont incroyables. Du rose nacré flottant sur un horizon bleu, les silhouettes des montagnes se découpent comme un décor surréaliste. Le vent souffle et à nos pieds, la vallée est remplie de rhododendrons en fleurs, comme des explosions de rouge éclatant, de rose fuchsia. Des points blancs de magnolias soulignent cette peinture hallucinante. Ce genre de spectacle a tendance à faire oublier les souffrances de la montée, ou à leur donner du sens. Quoiqu’il en soit, un apaisement s’empare de moi.
Bouddha tente de nous refiler des chambres à 1000rs dans une lodge pour riches indiens, on fuit brutalement pour se mettre à la recherche d’un endroit décent. Le problème quand tu voyages comme je/on voyage, c’est que plus ça a l’air luxueux, moins t’as envie de t’y installer, peu importe le prix, tu finis par aimer les endroits un peu pourris parce que tu sais que c‘est dans ceux-là qu‘il se passe les vraies choses. On finit par trouver un petit dortoir à 200rs le lit, c’est spacieux et on est les seuls dans le dortoir: PAR-FAIT. Je découvre pour la première fois la joie d’enlever des fringues humides de transpiration de la journée de trek pour se changer dans des couches de vêtements chauds. Enlever des chaussures de randonnée, surtout lorsqu’elles foulent leur premier trek, est une sensation indescriptible. Des ampoules ont commencé à se former durant cette première journée et quelle joie, quelle joie d’enfiler des grosses chaussettes et des birkenstocks (OUI BIRKENSTOCK ET CHAUSSETTES, OUI) pour aller boire un thé dans la pièce commune, seule pièce chauffée de la baraque.

Autour de la table, en attendant la nourriture sainte, aucun de nous ne parle réellement. La fatigue nous prend par surprise. Il est 18h30 et si je n’avais pas aussi faim, j’irai me coucher directement. Les conversations en anglais dépassent les compétences de mon cerveau épuisé, je laisse les mots passer au dessus de ma tête. Je me concentre sur les pieds d’Alasdair, que je masse consciencieusement. Et puis enfin ! La nourriture nous est servie. Le bénédicité n’a jamais été aussi bref et aussi intense. Le riz est servi avec une énorme cuillère et des petites patates revenues dans de l’huile et enrobée d’épices viennent complimenter le tout. La soupe de lentilles arrose largement le tout et des cuillères de pickles – brunoise de légumes et graines de moutardes fermentées dans du vinaigre – viennent agrémenter ce plat déjà digne des maharajas. Les premières bouchées me remplissent de saveurs et d’une joie sans nom. Et à mesure que mon estomac se remplit, mon cerveau s’éteint de plus en plus. Après un grand merci aux cuisiniers, et à notre guide, on convient d’un réveil à 5 heures pour admirer la vue, et on monte s’effondrer dans nos lits, non sans qu’Alasdair ne nous ai toutes motivées à nous laver les dents. Avec le froid, c’est un miracle que je sois ressortie de la chambre pour aller aux lavabos, non pas que la température soit plus clémente à l’intérieur qu’à l’extérieur, mais bon. Il est 20h20 la dernière fois que quelqu’un mentionne l’heure, les frontales s’éteignent, et le sommeil nous gagne. [La suite au prochain article … *musique de suspens*]

Toutes les images non créditées ont été prises par Alasdair Plambeck ©


Ha ! How amazing it feels, how amazing it feels, to be once again in front of my computer to put words everything that‘s happening here. Allow me to go back to the beginning so I can tell you the story right. One, two, three, poof.
It’s a little over two weeks ago that we arrive, Alasdair and me, in the town called Darjeeling. We spend the  friday afternoon running around the small alleys of this colorful town. It’s full of bling-bling, especially designed for the local domestic tourists, and we have to escape all of it to find a place to sleep that is not a luxurious hotel with ridiculous prices. All of this before the night falls onto us.
Nightfall is the fear of every traveller, it’s very primal but it says a lot about what travelling means; answering the basic human needs which are: having a shelter for the night, food and water, and from time to time, a bar of soap and a lil’ bit of water to feel clean. Life is really easy when you think about it.
All in all, we manage to find, at the corner of a little back alley – the whole Darjeeling seems to be a network of back alleys, it’s the modern version of Dedalos’ Labyrinth – a little house a few stories high made all in wood, and there is a sign: Ko Ko Mhendo’s Guesthouse. Oh my god ! A guesthouse and not a hotel ?! Let’s go ! I’m sweating, it’s cold, the night is almost completely here, we’ve already asked about ten places for the price of a room and civilisation seems to disappear as we go up the stories of this mountain town.
The grand-mother welcomes us with a both wary and loving smile (she’ll have to teach me how she does it because I never saw anyone else combine those two intentions in a smile), while her grandson of about 9 takes us to an amazing room: 3 metres high under the ceiling, larges windows, wood everywhere and a big bed surrounded by little Bouddha’s statues. We don’t care about the price anymore, even though the kid mentions something that is finally in our budget, and we throw our bags on the floor. We’re home.

An regularly eventful 10 days pass: a gnarley stomach bug for me, a particularly difficult-to-write blog post for Alasdair (it was worth it, that post made me cry like an abandonned kitten, well done) and just the getting-to-know-this-town process which turns out to be strange in its own way. Very touristic, but domestic, local tourists, the way of thinking is very different from what I’ve experienced up ‘til now in India: more bling-bling, more money, more consumption. The local tourists have money and they’re here to show themselves. They snap selfies at each shit break and they pay old ladies from the lower casts to carry their suitcases up the steep streets of Darjeeling. It’s another world, and even though it hurts my westerner’s eyes, I’m also really grateful to be able to confront myself to that difference in ways of thinking. It’s changing me, it’s shaping me everyday because it’s a huge reminder: my way of viewing the world is just one way of viewing the world, therefore, I know only one thing, that I know nothing. Don’t ask me which philosopher found that out before me, my high school philosophy classes were extra boring to me but this dude knew what was up.

Darjeeling is nice enough once you’ve figured out where to spend your time. First of all, there’s our little nest at Grandpa and Grandma’s, our hosts. The wake-ups are early and the mornings lazy; every other day we have boot camp, our work-out session composed of jumping jacks, push-ups and sit-ups. We work our legs as well in preparation for the trek that we’ll be starting in a couple of days. The rest of the days is divided between Sonam’s Kitchen, a small family restaurant which took us in and who serves good western breakfast food – after my estomac bug, I was not really in the mood for indian food so it was perfect to have huge slices of amazing toasted bread (!) along with hashbrown gently coated with ketchup by yours truly; after two months in India, treating myself to western food felt super nice – and Himalayan Java Café, a sort of nepali Starbucks with minimalistic furnitures and expensive beverages, but which provides the fastest internet I’ve had in India so far. Amen to that.
At night, we usually walk back to our guesthouse, just long enough for a hot-water-bucket shower and a change of clothes, and we head to Mistyck Mountain, a small restaurant owned by a charming young woman, who cooks for us amazing portions of veggies at a very low price, along with it comes delicately spiced rice. A little bit of dal (the indian lentil soup, you know this !) and we’re ready to go back under the covers with an episode of Modern Family. A few pages of whatever book we’re reading at that time and our eyes close themselves around 8.30pm. Let me tell you something: this is life.

After a few days of this program, we’re feeling well and we have all the infos we need on the Singalila Ridge Trek, so on monday, the10th of april, we bring one of our bags down to Grandpa and Grandma’s living room for them to hold on to while we’re exploring the mountains. A small detour by Sonam’s to eat our now traditionnal hashbrown, but not before saying our pagan grace that we’ve made a thing in our life a few days ago and of which we’re very proud. Don’t laugh you in the back ! It’s a great exercise to practice mindfulness and gratefulness towards the food we get to eat everyday, not everyone is that lucky and honnestly, ever since we’ve starting doing this, I appreciate life way more. Because each day I realise that I have a LOT to be thankful for. Nevermind, I’m drifting from the subject, but I think that if you’re here, it’s because you know me (or not) and you know (or not) how I tell my stories. It sometimes fly in every direction but in the end, it all works out.

I’m on the verge on finishing my plate of deliciousness when two girls walk in the restaurant and come straight to us. « You’re going to Mane Bhanjang today right ? ». In the other room of the restaurant, on the other side of the street, Victor, a french dude that we met yesterday, smiles at me and waves. The blond girl starts again: « Victor told us that you guys were leaving this morning, it might be easier to get a shared jeep if we’re more people ». She’s right, her energy is strong and all we can say is « Yeah. Perfect. », a little baffled. It’s almost mandatory to be baffled when everything turns out so perfectly and easily. The girls need to finish a couple of things before leaving, all is well because I have a card game to finish with the redhead (I like calling Alasdair this way in my own little world, because I like the fact that he is a redhead).

One card game and a kiss to Victor later and we’re on our way to the lower part of Darjeeling, where the jeeps to Mane Bhanjang -the village from which the trek starts- depart. One hour of moutain road in a crowded jeep later, the driver lets us off in front a desk where we have to present our passports and visas. It will be the first of many checkings, this zone being precisely the border between Nepal and India, the military is everywhere and frankly they look bored out of their minds, having to write down the names and nationalities of white people on a big notebook. What’s the point ? I’m not sure, but we do our part of the deal.
We also heard that we need a guide for this trek, that despite the trail being clear, it’s the rule, and if we don’t, we risk a fine. Oh well, alright. Sarah and Jo, who will forever be know at the gurls, offer that we share a guide, which means trekking for five days together. Both of them being independant travellers, they tell us how much they love to have their alone time, that we shouldn’t worry, we won’t spend all our time together. And then they talk about the most important thing: we would split the cost of the guide. Alasdair and I go sit on a porch not far from there to discuss the matter, it’s 12.30pm, we’re supposed to be back at 1.15pm in front of the guide’s office. It’s very clear to us that it’s a great idea, and that if we do have to get a guide, which is not something that makes us very happy, we might as well share him with other people. Our decision is made, we meet back with the girls at a small place serving black tea and momos (small chinese-style veggie dumpings), I get two plates of those and around 1.15pm we meet our guide: Bouddha. I like those kind of gifts from the Universe: embarquing on my first real trek in the lower Himalayas with the man already consider a life partner, two seeming-cool girls and a guide named Bouddha, how much better can this get ?

Just enough time to tighten our shoelaces and hop, we walk the couple of meters separating us from the border with Nepal. I walk accross the road to make the classic « oh my god we’re not in the same country anymore » joke. That joke will always crack me up and Alasdair gives in to the laughter after trying to remain serious. I think I’ve hit the jackpot with this guy. Once the joke is over (come on, admit that it’s a funny classic joke ! No ? Just me ? Alright …), we have to buy our 200rs entrance ticket to the Singalila National Park to have the right to walk for the next few days surrounded by a buttload of rhododendrons and magnolias and by hundred-years-old trees housing colored birds and red pandas. Just for your information, 200rs is 1,50€. Not bad.

Up we go on a long stretch of concrete road, this doesn’t make us super happy to be walking on this kind of ground when we’re surrounded by this beautiful nature, but oh well, we have to get to the top of this mountain, and if there was no road, how would the fat rich indians from Calcutta get up to the top effortlessly to take pictures and get down 30 minutes after getting there ? Ok. I know, I’m being mean on this one. The road also allows for the villages up there to get rice and other types of food. But it is true that on this first day, there’s a lot of frustration: having to have a guide, the road that keeps on throwing up jeeps making us stop on the side of the road and my body who’s not happy. 800 metres of altitude to go up in one afternoon, I know I said we’ve been doing boot camp for a few weeks but that was not enough to stop my legs and my heart from suffering. This is fucking steep, this is hard.
Four hours after setting off, a solid half a dozen of different landscapes have already come and gone, all more spectacular than the one before. My stomach, which was finally feeling better, is acting up again. The cold is definitely getting more and more present as we go up, and I already know that this experience is going to be harder than I thought. I didn’t think much actually, I just decided to go because it felt right.

When we get to the first village, Tumbling, Alasdair is frustrated, I am tired, my stomach hurts and I catch myself being angry at myself for not performing better. These are the first steps of a very good life teaching, but for now, a part of me feels guilty not to be better at this and I think that I’m taking Alasdair’s frustration personnally (even though it has absolutely nothing to do with me). All of this is still just a bud in my mind, it’s just the beginning, and those words are actually far from my mind at this moment. The sun is about to set, and the colors in Tumling, 3000m high, are amazing. Pearly pink floating on an horizon of blue, the silhouettes of the mountains that stick out on a surrealist decor. The wind blows, and down from our feet, the valley is full of blossoming rhododendrons, like explosions of stunning red and bright pink. A few magnolias white dots underline this whole mind-blowind painting. This kind of landscape makes it easier to forget about the pains of walking up, or maybe just gives them a meaning. Whatever it is, a feeling of calmness finally comes through me.
Bouddha attempts to book us into 1000 rs rooms in a lodge for rich indians, we therefore flee to go in search of a decent place to sleep in. The thing, when you travel the way I/we do, is that the more luxurious a place looks, the less you want to settle there, no matter the real price behind all of it. You just end up liking shitty places because you know that those are the places where everything happens. We end up finding a small dorm with 200 rs beds, it’s spacious and we’re the only ones in the dorm: PER-FECT. I discover for the first time the joy of taking off sweaty cold clothes from the trekking day to change into layers of warm and dry clothes. Taking off hiking shoes, especially when they’re working on their first trek, is an undescribable feeling. Blisters have started to form on my heels on this first day and what a joy, what a relief to put on big wool socks and birkenstocks (YES BIRKENSTOCKS AND SOCKS, YES) to go grab a tea in the common room, which is the only heated room in the place.
Around the table, waiting for the holy food, none of us is talking really. Tiredness comes and takes us by surprise. It’s 6.30pm and if I wasn’t that hungry, I would go to bed right away.The conversations in English are way too complicated for my poor exhausted brain, I let the words go over my head. I’m focused on Alasdair’s feet, which I’m massaging thoroughly. And at last ! The food is served. Grace has never been so short and consise. The rice is served with a huge spoon and small bits of potatoes coated in oil and spices are delicately put onto the rice. The dal makes the whole thing come together while spoonfuls of pickles enhance the taste of this maharaja-worthy dish. The first bites make me happier than ever and the flavours are just amazing. The fuller my stomach gets, the more tired my brain grows. After saying a big thank you to all the cooks in the house and to our guide, we agree on a 5am wake-up call to watch the sunrise from the viewpoint and we go up to fall flat-face on our beds, but not before Alasdair gave us all a big motivation speech to go wash our teeth. With the cold, it’s a miracle that I went back out of the room to the outside bathrooms, not that the room temperature is warmer than the outside one, but well. It’s 8.20 pm the last time someone mentions the time, the torches go off and sleep overcomes us. [Next episode on the next post *music full of suspens*]

 

All the non-credited pictures in the post have been taken by Alasdair Plambeck ©

2 thoughts on “Darjeeling & Singalila I

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