Chère Paris,

[Scroll down beautiful english reader]

« Et moi, je vois tout comme de belles histoires. Si je n’en vois pas la fin, c’est que mon histoire n’est pas encore prête à être racontée. » (Garance Doré)

« Tu ne le verras probablement pas aujourd’hui ou même demain, mais tu regardera en arrière dans quelques années et tu sera absolument perplexe et impressionné par la manière dont toutes les petites choses se sont ajoutées les unes aux autres et t’ont amené à un endroit merveilleux — peut-être même là tu as toujours voulu être. Tu sera alors reconnaissant que les choses ne se soient pas passées comme tu l’avais voulu jadis. » (Anonyme)

Chère Paris.
Je t’écris aujourd’hui parce que mon cœur n’en peut plus. J’ai du attendre que les larmes roulent sur mes joues pour pouvoir enfin t’écrire, mais je suis prête maintenant.
Il y a un an pile poil, j’étais avec toi, je venais de terminer mes cartons et j’avais l’illusion d’avoir réussi à te dire au revoir. Et voilà que je réalise que l’histoire n’était pas finie, et qu’elle se termine avec cette lettre.

Je t’ai détestée, aimée, adorée, quittée, retrouvée un nombre incalculable de fois. On a passé 7 ans ensemble et tu m’as tellement apportée.
L’indépendance, d’abord. Ah, la joie, le bonheur immense de rentrer chez soi bourrée à 2h du mat’ sans personne pour me voir dans cet état là. La satisfaction intense d’avoir un premier appart’ rien qu’à moi, même si il faisait la taille d’une place de parking, que les toilettes étaient crades et sur le palier, et que y’avait un jour de 5 bons centimètres sous ma porte d’entrée. J’ai fait les 400 coups dans cet appart boulevard Saint-Michel (j’habitais sur une case du Monopoly !!). Ca m’a donné l’illusion d’être une adulte, de faire des choses de grande et c’était tellement excitant.
Je me souviens encore quand, le lendemain d’une visite d’appart dans le très branché 11e arrondissement, la proprio m’a appelée pour me dire qu’il était pour moi et que je pouvais venir signer les papiers le lendemain matin. Oh quel bonheur, quel accomplissement, je venais de gagner 10 m². Je n’étais plus une jeune étudiante provinciale montée à la capitale, j’étais devenue une Parisienne.
Mais très vite aussi, Paris, tu m’as montrée la solitude: quelle tristesse immense de rentrer chez soi bourrée à 2h du mat’ sans personne à rejoindre. Ce sentiment m’a poursuivie un moment, cette solitude profonde de l’âme que j’ai cherché à masquer en faisant la fête, en faisant style que de toute façon, je me foutais de tout, même de ce que j’apprenais à la fac – au fond, on s’en bat les couilles. Alors oui Paris, je me suis pointée en partiels à moitié bourrée au cidre parce que je savais que j’allais me barrer au bout d’une heure sans avoir rien écrit. Je savais même pas pourquoi je m’y pointais aux partiels. Puisqu’on s’en bat les couilles. Tellement que j’ai fini par plus y retourner à la fac. J’avais mieux à faire.

J’avais une dépression à faire. Un mois passé, avachie sur le lit de mon si grand appart de 18 m², les cheveux gras, enchainant clope sur clope, l’œil hagard, à simplement attendre que la mort veuille bien me saisir dans la nuit. Je n’étais plus rien, rien qu’un fantôme, sans but, sans importance, sans envie. Je m’étais oubliée, probablement parce que je ne m’étais jamais vraiment rencontrée. Et puis y’a eu ce jour où, après avoir touché le fond (et creusé encore un peu), quelqu’un m’a forcée à mettre un coup de pied au sol pour remonter.

Grâce à toi Paris, j’ai grandi de cette période noire. Et quand j’en suis sortie, j’ai voulu célébrer les derniers mois de liberté totale qu‘il me restait avant de reprendre ma vie en main, comme on dit, avant de rejoindre le monde du travail. J’ai fait la fête, dans la joie cette fois-ci, dans le véritable amour de la vie, avec l‘insouciance de la jeunesse que je savourais comme on savoure le dernier carré de chocolat. Je savais que c’était bientôt la fin de tout ça alors j’en profitais. Mon appart était un joyeux bordel de gens, jamais un squat dégueulasse, juste le lieu où les copains passaient leurs soirées, c‘était vivant, jeune et beau. J’ai pris des kilos en mangeant des pizzas accompagnées de vin rouge, et c’était bien. J’avais le temps, j’étais en vie.

Oh, et puis, Paris, tu m’as apportée une des plus belles expériences de ma vie: la cuisine. La Petite Périgourdine m’a prise sous son aile. C’était dur, c’était épuisant, j’en ai chié, je n’avais que 19 ans, mais c’était passionnant. Moi qui avait toujours été une petite nerveuse rapide, j’étais dans mon élément. J’ai appris beaucoup sur les relations humaines: je me suis retrouvée entourée de bonhommes durs aux cœurs tendres et il a fallu me faire ma place. Dans le lot de bonhommes, y’avait Nico. On est tombés dans les bras l’un de l’autre un soir d’élection présidentielle. Ah, comme on s’est aimés, arpentant tes rues, Paris, sur son scooter après le service du soir. On était invincibles. Ces quatre années de cuisine et d’amour m’ont fait prendre 10 ans dans la face, et oh comme j’en ai adoré chaque seconde. Mon train-train, ma routine:notre couple, nos chats, le travail,notre appart (37 m² avec une machine à laver ? j’étais une adulte, c’était officiel) et notre canapé, les projets de restaurants où on serait les rois des bistros parisiens. Qu’est-ce qu’on était biens. C’était clair, limpide, ça allait se passer exactement comme on le voulait et notre amour ne changerait jamais. On y a cru dur comme fer. Tout le monde y a cru.

Sauf que t’avais d’autres projets pour nous hein Paris ? Tu m’as lentement insufflée d’autres envies, d’autres aspirations. Est-ce que vraiment j’ai envie d’être cuisinière toute ma vie ? Est-ce que, vraiment, j’ai envie de trimer comme une folle pendant 10 ans pour peut-être au bout avoir le temps de vivre vraiment ? Est-ce que la vie c’est pas maintenant ? Ah ça, oui, la vie c’est maintenant. Et tout est remis en question. Mais j’y avais cru tellement fort moi, à la cuisine, à mes projets de vie avec Nico, à mon appartement, à la famille qu’on fonderait. On se l’était tellement répété que ça arriverait, que j’avais oublié qu’on avait d’autres options, on avait oublié. Je ne voulais pas y croire. Admettre ce que j‘avais sur le cœur, ça aurait été faire machine arrière. (J’ai appris bien plus tard qu’il n’y a pas de machine arrière dans le chemin de la vie, y’a juste des embranchements, que l’on ait 25, 40 ou 70 ans. )
Alors j’ai fait l’autruche pendant un temps, j’ai persévéré, j‘ai résisté à ces idées. Mais y’avait au fond de moi une grisaille qui ne s’estompait pas. Et puis, je me sentais lasse. Chaque réveil signifiait la mort un peu plus prononcée de mon âme – aller au travail, trimer, vendre mon temps libre. Et puis, m’est revenue en mémoire un truc que Nico m’avait dit un jour « t’es trop jeune pour te laisser aller au travail à reculons. »
Quand j’ai décidé d’arrêter ce métier que j’avais voulu être le seul et l’unique de ma vie, ma passion, j’étais tétanisée. Nico ne m’a pas vraiment prise au sérieux quand je lui en ai enfin parlé — à ce moment là de notre relation, il en avait, je crois, plus que marre de me voir trainer des pieds, malheureuse et indécise. On était bien enfoncés dans le cercle vicieux de la non-communication et mes sentiments sur le boulot remettaient en question toute la vie qu’on avait rêvée pour nous, quand tout était encore évident. Ça m’a tétanisée encore plus.
Il m’a fallu un an pour quitter la cuisine. Un an de lenteur, un an à chercher ce que je ferai d’autre — quelle serait ma nouvelle passion ? Dans quoi me jetterai-je à corps perdu ? Et Paris, tu ne m’as pas aidée – ou plutôt tu m‘as un peu trop aidée. Tout ce que tu m’envoyais, c’était des gens qui s’étaient libérés du monde du travail, des hippies heureux, libres et accomplis. J’étais comme une lionne en cage. Il m’a fallu un moment pour comprendre que j’étais la seule à m’être mise en cage, je l’avais même totalement fabriquée de mes propres mains ma cage, j’avais même fermé à clé et avalé la clé.
Quand j’ai fini par ne plus en pouvoir, j’ai lâché mon job. J’avais des sous de coté, assez pour tenir un ou deux mois, ce serait bien suffisant pour savoir ce que je voulais faire. Il me fallait du temps. J’avais atteint un tel point de souffrance que je jouais à l’Euromillions tous les mardis et vendredis, car c‘était devenu ma seule solution: gagner le million et m‘acheter du temps. Le temps était devenu une obsession et tout ce que je voulais, c’était dormir – aaaah, dépression te revoilà !
Début novembre 2015, j’ai rejoint le rang des chômeurs et je suis redevenue maitre de mon temps. J’ai bullé, j’ai écrit, j’ai passé du temps avec moi-même, je me suis formée à l’hypnose. Tout doucement, je commençais à rencontrer ‘moi‘, cette entité à qui je n‘avais jamais eu le temps de causer. J’ai réalisé que je n’étais absolument pas la personne que je pensais être et, pis encore, que j’avais présentée à tout le monde, y compris à Nico. J’étais dans une cage encore plus petite désormais et j’étais une lionne bien plus grosse.
Paris, il m’a fallu m’éloigner un peu de temps pour aller réfléchir ailleurs et je suis allée me balader en province, tu te souviens ? Au bout de quelques jours, j’ai réalisé que la cage avait disparu. J’étais libre. Mon esprit respirait. C‘était comme découvrir une sensation nouvelle à 24 ans. Jamais je n‘avais ressenti la liberté d‘être moi-même pour de vrai, je ne m‘étais jamais autorisée à essayer, JE NE SAVAIS MÊME PAS QUE C‘ÉTAIT POSSIBLE. Au lieu de me raconter des histoires sur qui j‘étais, j’avais l’occasion d’être, tout simplement. Mais ça, je ne pouvais pas le faire avec toi, Paris. Tu connaissais trop la moi d’avant, l’ancienne moi, celle que j’avais construit autour de moi  – forte, invincible, sarcastique, fonceuse.

On s’est pas reconnues quand je suis revenue. On n’avait plus rien à se dire.
Alors je suis partie parce que, ma chère Paris, ma cage, c’était notre relation. Je me devais d’être une certaine personne avec toi – sauf que cette personne, ce n’était plus moi. Ta présence me forçait à être une personne qui n’existait plus alors j’ai fui, j’ai fait mon sac, foutu ma vie dans des cartons, et je suis partie sans me retourner, comme une voleuse. J’avais tellement peur que l’ancienne moi me rattrape. Il a fallu que je m’échappe.
Et je m’en suis tellement voulue, pendant si longtemps. Parce qu’en te quittant, j’ai quitté toute une époque, et des gens que j’aime et j’aurai voulu prendre le temps de dire au revoir mieux que ce que j’ai fait il y a un an. Mais je crois que je commence à me pardonner. Parce que je sais aujourd’hui qu’il m’était impossible de faire mieux, si j’étais restée plus longtemps pour te faire mes adieux, je me serai oubliée à nouveau dans tes attentes de moi – et on ne peut pas Aimer [la vie, les gens, soi-même, le monde] en s’oubliant.

 

J‘ai passé beaucoup de temps avec moi-même et, ces derniers temps, j’ai ressenti le besoin de raconter notre histoire. Parce que j’ai eu envie de fermer la boucle. Et puis parce que, c’est une belle histoire, et que les belles histoires, méritent d’être racontées. Parfois, il faut laisser un an s’écouler pour que l’histoire se termine, c’est comme ça. C’est le temps qu’il fallait pour faire le deuil.
Je sais aujourd’hui que je t’ai quittée Paris, non pas parce que je ne t’aimais plus, mais parce que notre collaboration étroite ne donnait plus naissance à autant d’énergie qu’avant, et je suis d’avis que dans la vie, au risque de sembler indécise, il faut savoir aller là où l’énergie est.
Je t’aime toujours Paris. Pas de manière vibrante, pas comme au début, comme un feu qui dévore. Non, je t’aime de cet amour résiduel, infini qu’on a pour les choses, les gens, les lieux avec qui on a vécu des choses fortes, des époques importantes, des moments intenses. Et tout ça, je l’ai vécu avec toi. Je t’aime comme un souvenir, avec cette tendresse qu’ont les vieux amants l’un pour l’autre. J’t’oublierai pas vieille branche, et j’te jure que ça me fait un pincement au cœur, de te dire enfin, au revoir.

Lecteur chéri, si ces mots t’ont parlé, fait des choses, donné de l’émotion ou à réfléchir  – diffuse les. Les histoires sont faites pour circuler et ça me ferait chaud dans le cœur.

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« Usually I see a beautiful story in everything. If I can’t see the end yet, it’s because the story isn’t ready to be told – that’s what I tell myself. » (Garance Doré)

« You might not see it today or tomorrow, but you will look back in a few years and be absolutely perplexed and awed by how every little thing added up and brought you somewhere wonderful — or where you always wanted to be. You will be grateful that things didn’t work out the way you once wanted them to. » (Anonymous)

 

Dear Paris,

I’m writing this letter to you today because my heart can’t take it anymore. I’ve had to wait until tears rolled down my cheeks to finally write to you, but I’m ready now.
A year ago, I was with you, I had just finished packing my stuff in boxes and I had the illusion that I somehow had managed to say good bye. And here I am, realising that the story is not done yet, and that it ends with this letter

I’ve hated you, loved you, adored you, left you and found you again, all of that many times. We’ve spent 7 years together and you’ve brought me so much.

Independance, first of all. Oh, the joy, the sheer happiness of coming home wasted at 2 am without anybody to witness it. The huge satisfaction of having my very own first appartment, it didn’t matter if it was the size of a parking spot, if the toilets were dirty and outside (and shared !) and if there was a space of about 2 inches between my door and the floor. A lot of my youth memories take place in that appartment located on the Boulevard Saint Michel (I was living on a Monopoly space !!). It gave me the illusion of being an adult, of doing grown-up things and it was all very exciting. I still remember clearly when, after having visited an appartment in the super hip and happening 11th arrondissement the previous day, the land lady called me to say I got the place and I could come and sign the papers the following day. Oh my God, I had just gained 10 m². I wasn’t a young student from out-of-town anymore, I had become a Parisian.

But very quickly too, Paris, you’ve shown me loneliness: how sad it was to come home wasted at 2 am with no one to come home to. That feeling stuck with me for a while, the profound, deep loneliness of the soul, that I tried to cover-up by partying, by pretending that I didn’t care about anything, not even about what I was learning in college – after all, who cares ? So yes, Paris, remember when I’ve shown up to my final exams half drunk on cider because I knew I was going to leave the exam after an hour of doodling anyways ? I didn’t even know why I was showing up to my finals. Because after all, who cares ? I didn’t give a fuck – so much that after a while I never returned in class. I had better stuff to do.

I had a major mental breakdown to go through. A month – that’s a loooooooong time – spent slouched on my bed in my oh-so-big-18m² appartment, with greasy hair, chain-smoking and just waiting for death to come and take me during the night. I was nothing anymore, just a ghost, aimless, pointless, needless. I had lost myself, probably because I had never really met myself. And then came the day when, after having hit rock bottom (and kept digging for a little while), someone forced me to give a good kick on the ground and come back to the surface.

Thanks to you Paris, I’ve grown up and out of this black phase of my life. And when I came out of it, I felt the need to celebrate my last few months of total freedom before joining the ranks, as they say. I hung out and partied, with a lot of joy this time around, in the true love of life, laughing with a youthful, carefree attitude that I was savouring the same way that you enjoy the last piece of chocolate. I knew this was all going to end soon and I was making the most out of it. My place was always full of awesome people but it was never getting out of hand. It was just the place where my friends came after their days to chill and unwind. It was alive, young, and beautiful. I gained a few pounds eating pizzas with red wine, and it was nice. I had time, I was alive. Those were the days.

Oh, and then Paris, you’ve brought me one of the most incredible experience of my life: being a cook. La Petite Périgourdine, the bistro I had been hired in, took me in as a little sister and taught me everything. It was hard, it was demanding and straining, I was only 19 and struggling with it all, but it was all fascinating. I had always been the strong fast small type, and being a cook was almost custom-made for me, it was incredible. I’ve learnt a lot about human relationships: I was surrounded by a bunch of tough guys with tender hearts, and I had to find my place. In this lot of collegues was Nico. We fell into each other’s arms on presidential election night, a warm may evening. Oh, how we loved each other, going through your streets, Paris, on his scooter after the night’s shift had ended. We were invincible. Those 4 years of being a cook and in love made me age 10 years and oh how I’ve adored every second of it. My little world, my routine: our couple, our cats, my job, our appartment (37m² with a washing machine ? Oh I was a grown-up alright) and our couch, the projects of getting a restaurant and how we would be the king and queen of parisian bistros. How good this all felt. It was so clear, so sure, it was all going to happen exactly how we wanted it and our love would never change. We believed it so much. Everyone did.

Except you had other ideas for us, huh, Paris ? You’ve slowly given me other inspirations, other yearnings. Do I really want to be a cook my whole life ? Do I, really, want to work my ass off for 10 years so that maybe in the end I could have time to live for real ? Isn’t life right now ? Oh yes, life is right now alright. And so I started questionning everything.
But I had believed all of this so hard, the cooking, my life’s project with Nico, my appartment, the family we would have together. We had told this story to each other so much that I forgot we still had other options, we both forgot. I didn’t want to believe what was happening. Talking about those feelings would have been going backwards. (I’ve learnt later in life that there is no backwards, there are just turns, whether we are 25, 40 or 70 years old.)
So I buried my head in the sand for a while, I kept pushing in the direction that I knew, going against the current of my mind and resisted the ideas I was having. But deep down inside of me, was a grey feeling that wasn’t going away. Everything felt heavy. Every alarm clock in the morning meant the ongoing death of my soul – going to work, working my ass off, selling my free time. And then, I remembered something Nico told me one day « you are too young to be going to work reluctantly ».

When I decided to stop working in the field I thought was going to be the one and only of my life, my passion, I felt completely stuck. Nico didn’t take me seriously when I finally told him — at this point in our relationship, he was, I think, tired of watching me mope around, undesicive and sad. We were far down the vicious cycle of ‘not able to communicate anymore‘ and my feelings about my field of work were questionning every thing we had dreamt of together, back when everything was so certain. I felt even more stuck.
It took me a year to quit my job. A whole year of feeling slow, a year of looking for what I would do next — what would my new passion be ? In what field would I throw myself in ? And Paris, you didn’t help me on this one — or rather, you helped a little too much. All you were throwing at me were people who had freed themselves from working altogether, happy hippies, free and enlightened. I was like a lioness stuck in a cage. It took me a while to realise that I had been the one to put myself in a cage: I had built the cage, locked it and swallowed the key.
When finally I couldn’t take it anymore, I quit my job. I had a little money aside, enough to last me a month or two, it would be enough time for me to figure out what I wanted. I needed time. I had reached a state of aching so strong that right before quitting, I was playing the lottery twice a week because it had become the only solution: win the million and buy myself some time. Time had become an obsession and all I wanted was just to get some sleep – aaah mental breakdown, you again.

Beginning of november 2015, I joined the ranks of unemployed people and became the master of my own time. I spent it chilling, being lazy, spending time with myself, doing a course in hypnosis. Slowly, I was starting to meet ‘me’, this entity I never had time to talk to. And it didn’t take me too long to realise that I was absolutely not the person I thought I was and, therefore, not the person I had introduced to everyone, including Nico. The cage was getting smaller but I was getting bigger.

Paris, I needed some time to think, far away, so I went and took a little trip around France for a little while, remember ? And a few days in (or rather, out), I realised that the cage had disappeared. I was free. My mind was breathing. It was like discovering a new sensation at the age of 24. Never before had I felt this freedom to be myself for real, because never before had I allowed myself to try. I DIDN’T EVEN KNOW IT WAS POSSIBLE. It was mind-blowing: instead of telling myself stories about who I was, I had time and space to be, as simple as that. But this, I couldn’t do with you, Paris. You only knew the previous me, the one I had built around myself – strong, invincible, sarcastic, always busy.

We didn’t recognize each other when I came back. We had nothing to say to each other anymore.

And so I left because, my dear Paris, my cage was the relationship you and me were in. I had to be a certain version of me with you – but this version was not me anymore. Your presence was forcing me to be someone that didn’t exist anymore, so I fled. I packed a bag, put my life in boxes and I left without looking back, like a thief in the night. I was so afraid that this old me was going to catch up with me. I had to escape.
And I felt so guilty for it, for so long. Because when I left you, I left a whole era of my life, and people that I loved and I would have wanted to take time to say a better good bye than the one I said a year ago. But I think I‘m slowly forgiving myself for that. Because I know today that I couldn’t have done it better back then, because if I had stayed longer to bid my adieu, I would have lost myself again in your expectations of me – and one can’t Love [life, people, oneself, the world] if one is lost.

 

I’ve spent a lot of time while myself and lately I have felt the need to tell the story we shared. Because I close the loop by telling it. And because it’s a beautiful story, and beautiful stories deserve to be told. Sometimes, a year has to go by for a story to end, that’s just how it is. It’s how long it took to mourn.
I know now, Paris, that I left you, not because I didn’t love you anymore but because our close collaboration wasn’t giving birth to as much energy  as before, and my opinion is that, at the risk of seeming indecisive or flaky, one must always follow the energy, wherever it is.
I will always love you Paris. Not in a vibrant, honeymoon, burning passion way. No, I love you with that remaining and infinite love that one has for things, people and places with whom one has had strong experiences, intenses moments, important eras. And I’ve had all of those with you. I love you like a memory, with the tenderness that old lovers have for one another. I won’t forget you my love, and I swear, it makes my heart ache to finally tell you, good bye.

Dear reader, if those words spoke to you, did something to you, gave you emotions or stuff to think about – spread them. Stories are meant to be spread and it would make my heart feel warm.

 

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