Present –

English is down below and you know it !

J’ai eu envie d’écrire, et puis j’ai écrit. J’ai écrit et ça m’a menée à plein d’endroits, à plein de réflexions que je n’aurai pas eu autrement. Mais je n’ai pas eu envie de publier. Trop brouillon, trop pour moi, trop peu lisible pour un lecteur derrière un écran. J’ai essayé de rendre les choses lisibles, mais ça n’a pas pris. J’écris pas comme ça moi. J’écris comme je parle, je peux pas retravailler. Ca vient ou ça vient pas, un point c’est tout.

Telle que je vous écris, je suis sous mon ventilateur dans mon petit bungalow. L’océan Indien est à 3 minutes à pied, je suis à Arugam Bay, au Sri Lanka. Anciennement ville de pécheurs, maintenant spot de surf mondialement connu. Le surf, j’m’en fous un peu. Je trouve ça sexy, mais en ce moment, j’ai zéro envie de consacrer du temps à l’apprentissage de cette discipline où tu passes le plus clair de ton temps à te battre contre l’océan. Pas mon délire actuel.

Mon délire actuel, c’est passer du temps avec moi. La vraie moi. Celle que j’ai si peu entrevue tout au long de ma vie. Y’avait toujours des gens à qui plaire et des projets dans lesquels se jeter. Et puis l’alcool et la weed et les clopes et les soirées et les restos et les films et les séries et la bouffe. Toujours un truc qui me tenait en retrait de moi.

Ça va faire trois semaines qu’on est posés ici avec le partenaire rouquin, et clairement, je me suis pris la vraie moi dans la tronche. Sans m’y attendre, pensant que tout allait glisser tranquillement, j’ai été une boule d’angoisse, les émotions au bord des yeux en permanence et le cerveau en ébullition. Je ne sais pas quand ça s’arrête d‘ailleurs, si ça s’arrête un jour.

C’est cet état que j’ai toujours fui à grands coups de projets, de travail, de joints et bien d’autres choses encore. C’est mes besoins à moi que j’ai toujours fui en pensant à ceux des autres en premier. Un ami m’a demandée il y a quelques mois, « comment écouter des demandes qui sont pas là te permet de ne pas écouter des demandes qui sont là ? ».
Je comprends peu à peu, qu’une vie de service ne peut être menée qu’en commençant par se demander: quel service je peux me rendre à moi d’abord ? Et que, contrairement à ce que je pensais, c’est pas une question à laquelle je peux répondre une bonne fois pour toute. Ma personne, mes besoins, mes envies ne s’effaceront pas un jour. Je n’atteindrai pas la paix, un jour, lorsque tous mes besoins seront comblés. Je n’atteindrai pas la paix, parce que la paix, c’est le chemin, pas la destination bon sang. Parce que la paix, c’est un choix de tous les jours.

Quand je me sens juger une émotion qui survient, je fais une pause, et j’essaye d’inviter et l’émotion, et son juge, à s’asseoir avec moi. J’essaye de les accueillir avec le sourire, en paix.
Quand je sens une tension dans mon estomac alors que je fais quelque chose, je fais une pause, et j’écoute ce qui a besoin d’être écouté. Pas pour trouver une solution, pas pour faire disparaître la sensation. Juste pour écouter.
Quand je sens une envie de pleurer, je fais une pause et je laisse les larmes couler. Sans chercher à comprendre, sans chercher à apaiser. Juste comme j’accueillerai un voyageur dans une maison d’hôte.

Le chemin est long, et la paix est à chaque pas. Et si je veux aimer, t’aimer toi, nous aimer tous inconditionnellement, je dois commencer par moi. Il n’y a rien à guérir, rien à atteindre, rien à rechercher.

Je ne peux pas empêcher la vie d’exister, surtout pas celle qui existe au fond de moi.

«  Être humain, c’est être une maison d’hôtes.
Tous les matins arrive un nouvel invité.

Une joie, une dépression, une méchanceté,
une prise de conscience momentanée vient
comme un visiteur inattendu.

Accueillez les tous et prenez-en soin!
Même s’ils sont une foule de chagrins,
qui balaient violemment votre maison
et la vident de tous ses meubles,
traitez chaque invité honorablement.
Peut-être vient-il faire de la place en vous
pour de nouveaux délices.

La pensée sombre, la honte, la malice,
rencontrez-les à la porte en riant,
et invitez-les à entrer.

Soyez reconnaissants pour tous ceux qui viennent,
parce que chacun a été envoyé
comme un guide de l’au-delà. » -Rumi.

AMOUR.

Lecteur chéri, si ces mots t’ont parlé, fait des choses, donné de l’émotion ou à réfléchir – diffuse les. Les histoires sont faites pour circuler et ça me ferait chaud dans le cœur.


 

I wanted to write, so I wrote. I wrote and it lead me to many different places, many different thoughts that I wouldn’t have had had I not written. But I didn’t feel like putting any of it here. Not clean enough around the edges, almost only for my own thinking, not suitable for a reader behing a screen. I’ve tried to rework some of the pieces, but I didn’t work. I just don’t write like that. I write like I talk, I can’t rewrite. It comes, or it doesn’t, and that’s just how it is.

I’m writing to you from under my fan, in my little bungalow. The Indian ocean is 3 minutes away, I am in Arugam Bay, Sri Lanka. Up until a few years ago, it was a small fisherman’s village, it is now a world-renowned surf spot. I don’t really care about surfing. I find it sexy but these days, I do not feel like spending my time learning a discipline where,  at least in the beginning, you spend most of your time fighting the ocean. Not my mood right now.

My mood right now, is spending time with me. The real me. This person I’ve so rarely seen in my life. There were always people to please and projects to get to. And alcohol, and weed, and cigarettes and parties and restaurants and movies and tv shows and food. Always something to keep me away from me.

Almost three weeks here, with the redheaded partner, and clearly, the real me hit me like tornado. Without warning, and while I was thinking this was all gonna be easy-breezy-peazy, I became a ball of anxiety, my emotions right beneath the surface at all time and my brain, boiling. I don’t know when it stops by the way, if it stops one day.

This was the reality I had so carefully tried to avoid all my life, with projects and jobs and joints and so many more things. My needs were what I was trying to flee from, when I was catering for other’s needs. A friend asked me a few months ago: « how does listening to needs that don’t exist allows you to not listen to needs that exists ? ».
I’m slowly understanding, that a life of service can be lead  only if I start by asking: what can I give myself first ? And contrary to what I used to believe, it’s not a question that you can answer once and for all. Me, my needs, my wants, won’t go away some day. I won’t achieve peace, one day, when all my needs are fulfilled. I won’t achieve peace, because peace, is the way, not the destination dammit. Because peace is a choice you have to make everyday.

When I feel myself judging an emotion that arises, I pause, and I try to invite that emotion, and its judge, to come and sit with me. I try to welcome them with a smile, in peace.
When I feel a tension in my stomach while doing something, I pause, and I listen to what needs to be listened to. Not in order to find a solution, not in order to make the sensation go away. Just to listen.
When I feel the need to cry, I pause, and let the tears roll down. Without trying to understand, without trying to soothe. Just, in the same way I would welcome a traveller in a guesthouse.

The path is long, and peace is every step. And if I want to love, to love you, to love all of us unconditionnally, I have to start with me. There is nothing to heal, nothing to achieve, nothing to look for.

I can’t keep life from happening, especially not life that’s happening inside of me.
« This being human is a guest house.
Every morning a new arrival.

A joy, a depression, a meanness,
some momentary awareness comes
As an unexpected visitor.

Welcome and entertain them all!
Even if they’re a crowd of sorrows,
who violently sweep your house
empty of its furniture,
still treat each guest honorably.
He may be clearing you out
for some new delight.

The dark thought, the shame, the malice,
meet them at the door laughing,
and invite them in.

Be grateful for whoever comes,
because each has been sent
as a guide from beyond » -Rumi

LOVE.

Dear reader, if those words spoke to you, did something to you, gave you emotions or stuff to think about – spread them. Stories are meant to be spread and it would make my heart feel warm.

One thought on “Present –

  1. Putain t’es énorme! J’ai trop aimé ce texte, il m’a fait réfléchir beaucoup parce que je crois qu’ aujourd’hui je ne trouve pas le temps pour moi, comme tu dis “juste pour écouter”. Merci beaucoup pour tes belles mots, ils ont fait un ‘click’ sur moi.

    Je serais à Marseille avec ton frère du 22 – 26 juillet, et après on irait ensemble à Séville du 26 – 31 juillet, mais tu seras à Sri Lanka, non?

    J’ai besoin de te voir et de parler de toutes tes expériences, j’espère que ton chemin continue génial pour toi. Gros bisous! ❤️❤️❤️

    Peace and love, Lucia

    Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s