Une caravane dans la forêt.

Un énième gland tombe de son arbre avec force et vélocité sur le toit de ma maison. Je sens que l’automne approche à grand pas.
Nous devons encore finir notre salle de bain pour pouvoir s’y doucher bientôt. Les douches au tuyau d’arrosage dehors deviennent de plus en plus fraîches mais je chérirai pour toujours cette simplicité toute nue que nous avons vécue grâce à elles.

Le soleil est de plus en en plus bas sur l’horizon et le marronnier, que j’ai vu devenir vert à une vitesse alarmante il y a quelques mois, a déjà perdu presque toutes ses feuilles. Je passe sous ses belles branches tous les jours lorsque je me dirige vers mon atelier de menuiserie improvisé. Il y a toujours un lézard ou deux allongés au soleil qui détalent dans les feuilles mortes dans un vacarme assez improbable pour de simples petits lézards.

J’ai vécu dans plein d’endroits différents dans ma vie mais jamais je n’ai eu la sensation aussi claire des saisons qui passent que dans cette forêt landaise. Le déroulement de la vie se passe là, sous mes yeux, et je ne peux rien faire pour l’arrêter. Nous avons manqué quasiment tout l’été puisque nous étions en visite outre-atlantique dans la Californie natale d’Alasdair. La nature en France n’a rien à voir avec cette nature sauvage dans grands espaces américains.

C’est amusant cette manière dont la Vie m’amène à la Nature. Avec simplicité et comme une évidence, ma connexion aux petits insectes, aux feuilles mortes et aux gros nuages lourds dans le ciel se fait un peu plus grande chaque jour. C’est facile pour moi parfois de me laisser emporter à des choses à faire, des listes à cocher, des progrès à faire, surtout en pleine rénovation d’un lieu de vie. Alors je marche vite et déterminée, ne pensant qu’à mon projet du moment, la découpe de telle étagère ou tel tasseau, le vernissage du bureau. Souvent je poursuis dans ce mouvement, et c’est bien. Et puis des fois, comme un miracle se produit. Je relève la tête, et le ciel est teinté de rose et d’or, le soleil se couche à l’horizon à travers les pins naissants dans les terres alentours. Mon pas se ralentit, peut-être même que je fais un détour pour voir ces couleurs magiques un peu mieux. Le rythme implacable de la Nature a ça de bon qu’il me rappelle que je peux aller vite si je veux, si c’est le bon moment, mais que la Vie ne s’accélère pas pour autant. Les fougères qui ont poussé à leur rythme soutenu au printemps se parent désormais de marron aux racines et meurent, à leur rythme aussi. Il y a une lenteur, une grandeur dans la marche de la Nature que certaines parties de moi comprennent aisément et que d’autres aimeraient la transcender. C’est vraiment beau à observer tout ça.

 

Aah. Ca fait bien longtemps que je n’ai plus écrit ici, je suis désolée d’avoir délaissé ce lieu mais cela m’était nécessaire un temps. Parfois, j’avais l’impression d’écrire dans le vide. Parfois, j’avais l’impression d’être trop lue. C’était bien de faire une pause. Je me suis réveillée ce matin avec le besoin d’écrire. Je me rends compte que j’ai plein de choses à raconter mais ça aussi ça a son propre rythme il faut croire.

Je me suis réveillée ce matin avec le besoin d’écrire, de vous donner des nouvelles, de vous dire que je suis heureuse, que la Vie est belle et complexe et puis que c’est très bien comme ça.

Ah et tiens, voilà quelques photos des derniers mois.

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Venice Beach, Los Angeles
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Ventrée végane à Fishhawk Lake, Oregon.
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Vue depuis Cloud’s Rest, 3027m, Yosemite, Californie
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Camping après longue journée de marche, Yosemite
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MacGee Lake, Yosemite
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Câlin avec un séquoia géant vieux de 3000 ans, Yosemite
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Lovée dans un Red Wood géant à Del Norte, Californie
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Notre humble demeure qui change de jour en jour. 

Et toi, tu vas comment dis ?

3 thoughts on “Une caravane dans la forêt.

  1. Excellent de te lire et de te voir, merci pour ces magnifiques photos ! Tu es avec un Américain si j’ai bien compris ! Je te lis heureuse et c’est top. Je t’embrasse FORT, Véro.

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  2. Ma chère Julie Roxane,

    Touchée je suis par ton écrit – si long-temps de te lire… mais, tu as raison : le temps doit s’inscrire dans son temps, un temps propre, qui lui est propre, un temps pour le temps. Touchée au coeur aussi par ta grande générosité, et ce don que tu fais en écrivant et partageant tes étapes de vie. Heureuse de te savoir au coeur d’un temps naturel, faisant corps avec ce mouvement à la fois ample et constant qui porte à l’alternance du faire et du contemplatif.

    A lire, impérativement : Une année à la campagne de Sue Hubbell

    Mais où es-tu exactement ? Une nature / forêt landaise : or, donc, c’est en France ? Tu t’y installes ? Tu y fais un nid ? Un câlin vers toi, et des pensées douces en accompagnement d’une demande encore d’écrit(S) de toi.

    “Je m’escagasse la tête en tournefouillant dedans, car par devant chaque possible du dire, il appert que je m’empastagaille toujours autant les méninges quand les mots tourneboulent et s’échappent…Ventre saint gris, me dis-je, mais tais-toi donc. Sur ce, j’abdique et me couche avec le sourire au lèvres !”

    Je t’embrasse et espère te voir avant 2020. Isabelle

    isabelle Lefèvre ilefevre@numericable.fr http://www.soniconedanse.com 06 03 79 53 01

    >

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